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ÈÍË :
  Rapport Générale

Organisation

Introduction

Synthèse des exposés et des débats

Rapport des ateliers

Recommendations

Déclaration de YAOUNDE

 

 

 

SEMINAIRE INTERNATIONAL DE YAOUNDE SUR

«LES DROITS DE L’ENFANT AFRICAIN ET LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE»

Le Ministère des Affaires Sociales du Cameroun (MINAS)

L’Association Tunisienne des Droits de l’Enfant (ATUDE/ Tunisie)

L’Institut International des Droits de l’Enfant (IDE/Sion - Suisse)

L’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (Paris)

L’UNICEF (Afrique)

ET AVEC LE CONCOURS DE

L’Association Internationale des Magistrat de la Jeunesse et de la Famille (AIMJF)

 

 

Direction du Séminaire : M. André DUNANT, Consultant en justice juvénile et ancien Président de l’AIMJF

Dates : du lundi 26 au mercredi 28 novembre 2001

Lieu : Palais des Congrès de Yaoundé, REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Tél : (237) 23.27.40
Fax : (237) 23.11.21 Langue : Français



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En ma qualité de "doyen" (c'est ainsi qu'on m'appelle volontiers en Afrique), permettez que je vous livre en vrac quelques remarques personnelles à l'issue de ce séminaire.

J'ai été très impressionné par le sérieux de votre engagement, la qualité des interventions préparées et la valeur de votre participation aux débats en plénière et dans les ateliers.

Le large éventail de vos origines diverses, de vos formations professionnelles multiples et de vos fonctions passées et présentes vous ont grandement permis d'enrichir la valeur scientifique du séminaire tout entier.

Félicitations aux organisateurs d'avoir si positivement ouvert vos portes aux médias. En relatant nos préoccupations, nos difficultés, mais aussi nos réussites et les idées nouvelles, la presse, la radio et la télévision contribuent de façon majeure à la sensibilisation de tous nos concitoyens.

Plusieurs parmi vous ont souhaité qu'à l'avenir de telles sessions durent 5 journées pleines et non 3. Cette remarque est surtout pertinente lorsqu'on réunit des professionnels de la protection de l'enfant et de la justice juvénile, et moins de très hauts cadres ministériels et de la diplomatie. J'appuie personnellement sans réserve cette observation. Depuis 40 ans, j'ai organisé, dirigé ou simplement joué un autre rôle dans une quantité de congrès, séminaires, ateliers ou sessions de formation. Très rares furent ces rencontres qui ont duré moins de 4 jours. L'appréciable avantage de 5 journées de travail est multiple :

Les ateliers ou travaux de groupe se déroulent sur 2 ou 3 demi-journées, ce qui laisse aux animateurs et rapporteurs le temps de vous proposer une synthèse et des ébauches de recommandations.

Nous disposons toutes et tous de plus de temps pour apprendre à nous connaître, pour échanger des idées novatrices et des documents.

Pendant et après nos rencontres, les échanges en seront d'autant facilités entre les divers acteurs médico-socio-éducatifs, enseignants, universitaires, judiciaires, administratifs, pénitentiaires, représentants des ONG et des médias.

Le plus souvent, une visite d'institution (ou de prison si le thème concerne la justice des mineurs) enrichit la session. Nous sommes chaque fois surpris de constater que des professionnels de la branche n'ont jamais visité l'institution ou la prison de leur propre ville.

Il serait aussi souhaitable qu'à l'avenir nous puissions toutes et tous disposer dès le 1er jour d'une liste des participants, même provisoire, avec leurs fonctions et leurs coordonnées précises. Cela facilite énormément les contacts dès le début du séminaire, et permet de mieux communiquer après la session.

Je souhaite terminer cette introduction en disant un très chaleureux merci à :

aux organisateurs camerounais et de l'extérieur,

à ceux qui ont financièrement permis de vivre notre rencontre,

aux 12 responsables des ateliers, qui se sont révélés vraiment doués – vous l'entendrez tout à l'heure -.

aux nombreux cadres de l'administration, secrétaires et autres collaborateurs des Affaires sociales qui ont travaillé dans l'ombre, qui ont si bien et si rapidement saisi et multicopié la quantité de textes distribués, et fidèlement rédigé la synthèse des exposés et des débats – vous le verrez dans les Actes du séminaire -.

aux charmantes hôtesses dont la disponibilité et le sourire ont rendu notre travail plus léger,

aux cuisiniers, chauffeurs et autres collaborateurs qui nous ont tant aidés en nous préparant de délicieux et abondants repas, et en nous véhiculant même après le coucher du soleil.

aux enfants et adultes, chanteurs, musiciens, danseurs et acrobates qui ont joyeusement égayé plusieurs temps forts de notre séminaire.

2. Synthèse des exposés et des débats

3. Rapport des ateliers

 

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Les participants, représentant les divers secteurs professionnels de l'enfance et provenant de 18 pays d'Afrique et d'Europe, recommandent :

En ce qui concerne la santé,

1) L'élaboration et la mise en œuvre par les gouvernements, en étroite collaboration avec les ONG, d'un cadre opérationnel sanitaire, axé sur les priorités suivantes :

a) le recensement des services publics et des ONG travaillant sur le terrain dans le domaine de la santé en vue d'améliorer le travail en réseau.

b) la création ou le renforcement de structures de coordination plurisectorielles chargées d'élaborer des directives et d'assurer leur suivi au niveau local.

2) Le développement par les gouvernements de politiques prioritaires visant à assurer :

a) l'accès pour tous à l'eau potable,

b) la participation de la population à un environnement assaini,

c) la gratuité de soins de santé primaires de la naissance à 18 ans,

d) la fourniture de médicaments génériques et médicaments de base essentiels, le cas échéant par le développement de la pharmacopée traditionnelle,

e) la sensibilisation dans leur langue des populations quant au bien-fondé des vaccins, et des médicaments génériques, pour éviter l'achat de ceux vendus dans la rue,

f) la recherche d'un vaccin contre le paludisme (qui tue beaucoup plus que le SIDA),

g) l'éducation nutritionnelle,

h) l'information sur le rôle positif de la planification des naissances quant à l'amélioration des conditions sanitaires des enfants,

i) la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation et d'information sanitaire dans les écoles, dans les familles et auprès des acteurs de terrain.

3) La création d'un institut intergouvernemental régional de la santé maternelle et infantile, chargé de recenser et de synthétiser les études en matière de santé et de nutrition, et d'en organiser le suivi auprès des Etats.

En ce qui concerne la protection,

4) La ratification par les Etats africains qui ne l'ont pas encore fait des conventions et traités internationaux relatifs aux enfants dans les conflits armés et aux pires formes du travail des enfants.

5) La création ou le développement d'organes ou de services de protection de l'enfant en danger et du mineur en conflit avec la loi, dont les professionnels bénéficieront d'une formation permanente.

6) La création ou le développement de brigades des mineurs à la police et à la gendarmerie, de même que des juridictions spécialisées pour les mineurs.

7) Le respect absolu des délais légaux de garde à vue et de détention provisoire, étant entendu que la privation de liberté n'interviendra qu'en dernier ressort et pour une durée aussi brève que possible (art. 37. b Convention des droits de l'enfant).

8) L'engagement des Etats à lutter efficacement, en collaboration avec les autres Etats concernés, contre le trafic d'enfants.

9) L'obtention généralisée et facilitée de l'acte de naissance et de la carte d'identité, documents essentiels au développement harmonieux de l'enfant dans la société.

En ce qui concerne l'éducation,

10) L'universalisation de l'éducation de base à l’horizon 2015, en mettant un accent particulier sur la scolarisation des filles, des groupes fragilisés (handicapés, enfants en circonstances particulièrement difficiles, minorités, etc) et la réduction des disparités ville/campagne.

11) L'achèvement du cycle de l'enseignement primaire par au moins 80% des enfants en âge de fréquenter l'école, en veillant d’une part au maintien des filles à l’école, à la prise en charge des enfants issus des familles économiquement faibles, notamment en rendant effectif le principe de la gratuité de l’enseignement et de l’obligation scolaire.

12) L’appui aux différentes modalités relatives à l’éducation non formelle en vue de la récupération des enfants exclus de l’école et la réduction du taux d'analphabétisme chez les adultes (à la moitié au moins de ce qu'il était en 1970), en mettant l'accent sur le combat contre l'analphabétisme des femmes.

13) L'enrichissement des programmes scolaires et des contenus des modules de formation sur la base des acquis et des bonnes pratiques tirées de notre patrimoine culturel et de la Convention des droits de l'enfant; la promotion des langues nationales devrait être considérée dans un contexte où les systèmes scolaires "importent" souvent des langues véhiculaires et subsidiairement des modèles culturels.

14) L'exploitation de toutes les potentialités que pourrait offrir le secteur privé, en plus des moyens libérés par les Etats et les partenaires internationaux, de même que l’implication effective de l’ensemble des acteurs susceptibles de garantir la transparence.

15) L'amélioration dans les meilleurs délais des performances internes et externes des systèmes scolaires tant au plan quantitatif que qualitatif, notamment à travers :

a) la conception, la production et la fourniture des outils didactiques, principalement des manuels scolaires de qualité et en quantité suffisante,

b) la revalorisation de la fonction enseignante et plus globalement l’amélioration du statut général des professionnels de l’éducation,

c) le développement et la sécurisation du patrimoine scolaire à travers la lutte contre le vandalisme et les campagnes civiques.

16) L'amélioration de la capacité des médias à répondre aux besoins spécifiques des enfants en matière de communication, d'accès aux loisirs et à la culture.

17) Une attention particulière au contenu des messages véhiculés par la télévision et les autres outils qui ont émergé avec l’éclosion des nouvelles technologies.

18) Le renforcement des capacités financières et techniques des familles, notamment à travers l'octroi de micro crédits, à mieux assurer l'éducation des enfants.

19) L'ancrage de la réflexion sur les droits de l'enfant dans la problématique actuelle de la construction de l'Union Africaine et de la mise en œuvre du nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.

20) L’exploitation du potentiel offert par les médias populaires, notamment la radio rurale pour l’insertion des exclus de l’école, non seulement pour communiquer avec eux mais aussi pour les faire participer à la sensibilisation de la société civile à leurs difficultés.

En ce qui concerne la bonne gouvernance,

21) L'annulation de la dette des pays africains et un mécanisme de gestion des fonds rétrocédés aux Etats bénéficiaires, fonds prioritairement destinés à financer des programmes visant à promouvoir l'application de la Convention des droits de l'enfant.

22) La transparence de la gestion de la chose publique.

23) La redistribution des fruits de la croissance économique à toutes les couches sociales du pays.

 

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Les participants au Séminaire International sur « les droits de l’enfant africain et la lutte contre la pauvreté », (organisé par le Ministère des Affaires Sociales du Cameroun, l’Association Tunisienne des Droits de l’Enfant, l’Institut International des Droits de l’Enfant - Sion-Suisse, l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie, l’UNICEF-Afrique de l'Ouest et du Centre, avec le concours de l’Association Internationale des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille ), réunis à Yaoundé au Cameroun du 26 au 28 novembre 2001 pour échanger les expériences dans la pratique des droits de l’enfant africain et la mise en œuvre des programmes de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

- Reconnaissant :

que les enfants d’Afrique sont parmi les plus défavorisés et les plus vulnérables du monde ;

qu’il est de la responsabilité de tous (familles, société civile, autorités administratives, religieuses et traditionnelles, organisations régionales et sous-régionales africaines, communauté internationale) d’assurer la mise en œuvre des droits de l’enfant en Afrique.

-Considérant :

les divers instruments juridiques et réglementaires nationaux et internationaux déjà disponibles,

la proposition de l'Association Tunisienne pour les droits de l'enfant de créer un "Collectif Africain des ONG pour les Droits de l'Enfant".

- Réaffirmant les principes inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant et dans la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

- Nous nous engageons à contribuer à la promotion d’une Afrique où tous les enfants, sans distinction de classe sociale, de race, de religion et de sexe, naissent et grandissent dans de meilleures conditions de vie.

- Décidons de créer un « Collectif Africain des ONG pour les Droits de l’Enfant ».

Ce Collectif aura notamment pour objectifs de :

Garantir une meilleure coordination entre les Etats africains et les organisations régionales et internationales ;

Mobiliser toutes les énergies pour développer les réseaux de communication et de coopération entre les ONG africaines et les institutions gouvernementales dans le domaine de l’élaboration des stratégies et des programmes et la création de mécanismes visant la promotion des droits de l’enfant ;

Echanger les expériences entre les pays du continent africain ;

Constituer un réseau en vue d’assurer le suivi du séminaire de YAOUNDE et de ses recommandations.

Les modalités d’organisation du Collectif ainsi créé seront définies lors des rencontres ultérieures, regroupant les différentes parties intéressées.

 

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